Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

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Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

Message par Ryūku Akuma le Jeu 3 Déc - 21:20



   
Ryuku Akuma


   

   
Informations


    Nom : Akuma
   Prénom : Ryūku
   Age : 19 ans

  Race : Démon
  Groupe choisi : Etudiant
  Métier : heu.. c'est obligatoire de bosser ? >.<

  Coté coeur : pas vraiment du genre à se lier
  Sexualité : Bi'
  Expérience : Oh, viens me voir en privé si le coeur t'en dit, je te la montrerais..

   Loisirs : Sortir, s'amuser, les jeux de hasard, de temps en temps un peu de sport, et surtout aime jouer avec les jeunes demoiselles qu'il séduit

   
Pouvoirs


    Le pouvoir de Ryūku est nommé "malédiction reptilienne". En plus d'avoir les facultés de n'importe quel démon, il peut comprendre et parler la langue des reptiles.
   
   

   
Description physique


          Ryūku mesure environ 1m85. Il est naturellement musclé, même s'il entretient son corps avec quelques exercices physiques. Sa peau claire fait ressortir ses cheveux flamboyants, qu'il agrémente avec des mèches noires. Ses yeux, de couleurs différentes, lui valent l'admiration de nombreuses filles. L'oeil droit est violet tandis que le gauche est couleur or. Ses pupilles prennent la forme de celles d'un serpent, telles deux fentes noires. Mis à part ses yeux, l'une des caractéristiques de Ryūku est son tatouage de dragon dans son dos. Il porte une croix à l'envers en guise de boucle d'oreille, ainsi qu'un piercing, un peu plus haut. Son style vestimentaire ? Difficile à définir, puisqu'il aime se promener avec très peu de vêtements sur lui. Mais lorsqu'il fait un effort, il se présente en général habillé à la façon gothique, ou bien simplement en uniforme d'étudiant, qu'il ne peut s'empêcher d'arranger à sa façon, c'est à dire avec une chaînette à son pantalon, un ruban autour du cou à la place de la cravate, la chemise ouverte, et une ceinture à piques. Il a également un collier, dont il ne se sépare jamais, qui rappelle sa boucle d'oreille en forme de croix.
   
Description psychique


          Ryūku a une personnalité très particulière : il est imbu de lui-même, et trouve toujours un moyen de se mettre en valeur. Il sait qu'il a un physique attirant et en profite pleinement. Il peut parfois paraître méprisant et hautain, mais il est très ouvert et n'a pas peur de s'exhiber en public. Il est sociable, et se vante des innombrables relations qu'il a eu avec des jeunes filles. Toutefois, lorsqu'il a un objectif en tête, il est prêt à tout pour y arriver. Son pouvoir, dont il est fier, lui est très utile lorsqu'il souhaite obtenir une information ou un service. Il a donc l'habitude d'être gâté et servi par les personnes qui l'entourent. Il aime les jeux, et particulièrement les jeux de hasard pour lesquels la chance lui sourit toujours. Mais il aime également jouer avec des personnes, et des filles, surtout. Il n'hésite pas à se servir de son pouvoir pour parfois abuser d'elles.
   
 


Histoire


    Le 11 mars 1996. Il était tard et la pluie s'abattait sans répit depuis plusieurs heures. Une silhouette encapuchonnée marchait hâtivement dans les ruelles d'une petite ville en périphérie d'Osaka. Des petits ruisseaux formés par la pluie rendaient les pavés glissants. La silhouette se fondait par moments dans l'obscurité, rasant les murs, comme si elle se cachait de quelqu'un ou de quelque chose. Elle portait dans ses bras un enfant nouveau-né, enveloppé dans une épaisse couche de tissus. Elle finit par s'arrêter sous un porche, dans une ruelle étroite. Ralentissant l'allure, elle se retourna et s'assura qu'elle n'était pas suivie ni observée. Elle déposa l'enfant au sol, puis se pencha au dessus de lui. Ses mains squelettiques et ensanglantées caressèrent les joues du petit. Son souffle était rauque, saccadé.

Après un instant d'attention pour le nourrisson, elle se releva et partit, se mouvant avec rapidité dans l'ombre. Une vieille dame passant par cette ruelle vit l'enfant et l'emmena avec elle. Lorsqu'elle défit les bandages et les tissus couverts de sang, elle s'aperçut non sans surprise que le corps du bébé était intact. Choquée à la vue de la chevelure flamboyante du nourrisson, elle le regarda un moment, avant de le soulever pour changer sa couche. A ce moment là, l'enfant ouvrit les yeux, dévoilant ses iris aux couleurs différentes. La vieille femme posa l'enfant sur la table, et fit un pas en arrière. Elle était choquée par le regard du bébé, qui la fixait calmement, avec un œil violet et un autre couleur or. Pire que ça, elle était terrifiée. L'enfant semblait être la réincarnation du mal, dans un corps de bébé. Ces yeux, cette expression, qui n'avaient pas leur place sur le visage d'un nouveau-né, censé être encore pur, étaient pour elle effrayants. Persuadée que ce garçon était le fils du Diable, elle décida de s'en débarrasser sans plus tarder, et l'emmena dès le lever du soleil au temple le plus proche. En leur confiant le nourrisson, elle prononça une sorte de prophétie : « le mal caché par la lumière rayonnera de sa noirceur. Le démon au corps d'ange est sournois, il est le fruit maudit et vous trompera. Comme la mort avec sa faux, il prendra vos cœurs avec ses mots. »


Les moines accueillirent l'enfant et se chargèrent de l'élever. Fasciné par les statues de dragons qui décoraient le temple, le petit se fit baptiser Ryū, « Dragon » en japonais. Un soir, un homme imposant, au visage couvert de cicatrices et à qui il manquait un bras entra dans le temple en demandant une audience avec le prêtre. L'homme avait avec lui un panier dans lequel était enfermée une bête. Curieux, Ryū le regarda avec des yeux écarquillés. Soudain, il perçut un sifflement, et comprit qu'il s'agissait d'un serpent. Après le repas assez tendu, partagé avec l'homme, le prêtre se retira pour lui accorder son audience.

Ryū ne parvenait pas à trouver le sommeil, et décida d'aller prendre l'air. Lorsqu'il passa devant la pièce où le prêtre et l'homme au serpent étaient entrés, il n'entendit pas de voix, seulement un sifflement. Il fit glisser la porte et se retrouva face au cadavre du prêtre, étendu au sol, face contre terre, le serpent encore enroulé autour de son cou. Un énorme mais magnifique cobra royal. L'homme, semblait faire une sorte de rituel, agenouillé devant la statue d'un dragon. Son seul bras était tendu vers l'avant comme s'il offrait quelque chose à la statue. Le bruit de la porte attira son attention et il se retourna. Il se leva, arrêtant net ce qu'il était en train de faire, puis fit un pas vers Ryū et l'attrapa par le bras, le forçant à s'approcher. « Tu es un peu trop curieux » dit-il d'un ton sec. Le serpent s'était enroulé autour du bras de l'homme, s'en servant comme passage vers Ryū. Le sifflement du cobra ressemblait à un murmure pour l'enfant, comme si l'animal lui susurrait quelque chose. Ryū tremblait de peur. L'homme fixa le garçon, puis fit un geste de la main « Tue ! » ordonna-t-il au serpent. L'animal qui enserrait les épaules de Ryū le regardait droit dans les yeux. L'enfant était à la fois apeuré et fasciné. Au bout de quelques secondes, le serpent montra deux longs crochets, avant de les planter dans la gorge de Ryū. L'enfant sentit une brûlure à l'endroit où les crocs avaient transpercé sa peau. Une douleur forte le saisit et le fit tituber, puis tomber à genoux par terre. Dans son dos, sa peau le démangeait. Une marque de dragon, comme dessinée avec une encre indélébile était apparue.

Le cobra avait lâché prise et avait regagné le sol. Étrangement, l'enfant, sentait une force naître en lui, se propager partout dans son corps. Les sifflements du serpent étaient devenus plus clairs, et Ryū pouvait désormais en comprendre le sens. Il leva les yeux vers l'homme, qui le dévisageait, interloqué. Le garçon aurait déjà dû être en train de se tordre de douleur sur le sol.  Ryū tendit un bras vers l'homme, et tout naturellement, émit un sifflement. L'homme bondit sur le garçon, dégainant un poignard. Il saisit le cou de l'enfant et s'apprêta à lui donner le coup fatal lorsque le serpent, qui avait sournoisement attendu l'instant, planta ses deux grands crochets dans la main de l'homme. Hurlant de douleur, il recula d'un pas, mais le serpent s'était enroulé autour de lui et resserrait de plus en plus son étreinte. Dans la lumière des lanternes du temple, les pupilles du garçon  qui étaient maintenant semblables à celles de l'animal, brillaient d'une lueur terrifiante. L'homme tombé au sol se débattait pour échapper à la bête, mais cette dernière enserrait sa gorge de manière à étouffer sa victime. Ryū observait la scène, d'un air presque amusé. Lorsque l'homme cessa tout mouvement, toute résistance, le cobra vint vers Ryū et se dressa devant lui, comme s'il attendait un ordre. Ryū fit signe à l'animal qu'il était libre.

Alertés par le vacarme, les moines avaient accouru, au moment où Ryū allait regagner sa chambre. Accusé du meurtre des deux hommes, Ryū fut enfermé dans une petite cellule pendant la nuit. Même après l'enquête menée par la police, les moines persistaient à croire que c'était la faute de l'enfant venu de nulle-part, alors que les preuves montraient qu'il s'agissait d'un serpent. L'enfant prit alors le nom de Ryūku – qui signifie « Dragon de la Mort ».

La nuit qui suivit, Ryūku, ayant tout juste deux ans, s'enfuit du temple pour trouver refuge sous un pont. Il parvint à survivre pendant quelques jours, se nourrissant des quelques fruits et légumes qu'il  chapardait sur le marché. Mais il finit par se faire attraper par la police qui lui trouva une famille d'accueil. Il y vécut jusqu'à l'âge de cinq ans. Obligé de se rendre à l'école, il fuguait souvent, et enchaînait les exclusions de cours. Une crise de folie survint pour la première fois lorsqu'il poussa  volontairement son petit frère à tomber dans les escaliers, après lui avoir infligé de petites entailles avec une paire de ciseaux. La vision de la souffrance du petit était comme une drogue pour lui, il en voulait toujours plus. Pendant sa seconde crise, il essaya d'étouffer son frère avec un oreiller ; les gémissements et la résistance du garçon l'animant d'un plaisir malsain. Un jour, alors qu'il avait atteint ses sept ans, il partit sans donner de nouvelles et s'installa dans une vieille cave abandonnée dont l'accès était difficilement visible depuis les grandes rues.

Il commença à fréquenter les casinos et les bars mal famés, et tenta sa chance dans les jeux de hasard. Au début, les joueurs plus âgés que lui, et bien plus influents essayaient de le duper, et de l'arnaquer. Un soir, alors qu'un homme, qui devait avoir la quarantaine tentait de tricher pour lui voler de l'argent, Ryūku se leva et s'avança vers lui. L'homme, surpris, regarda le garçon avant d'éclater de rire. Impassible, Ryūku fixait l'homme, ses pupilles avaient pris la forme de celles des reptiles ; deux fentes noires. Le rire qui avait gagné presque toute la foule s'estompait au fur et à mesure que Ryūku prenait un air sérieux. « Et maintenant, qu'est ce que tu vas faire, petit ? » demanda l'homme en riant de plus belle. « Tu crois m'impressionner ? » ajouta-t-il. Toujours sans un mot, Ryūku prit une fléchette et esquissa un sourire, avant de la lancer juste entre les deux yeux de l'homme. Celui ci tomba de sa chaise avec fracas, et se releva en jurant, le visage en sang. Ryūku lui souriait, un sourire à la fois moqueur et enfantin, terrifiant. Plus personne n'osa s'en prendre à lui par la suite.

Il passait son temps à jouer, et comme la chance était avec lui, il amassa une petite fortune. Ses rencontres et ses fréquentations l'emmenèrent à traîner avec toutes sortes de crapules vivant dans le quartier. Malgré son très jeune âge, il était connu et respecté de tous les clients réguliers. Il inspirait la terreur, à cause des rumeurs qui couraient sur lui, telles que celle qui disait qu'il était « l'enfant du Diable ». Son pouvoir mystérieux faisaient de lui un homme potentiellement dangereux, et un parfait coupable pour les meurtres en série qui sévissaient dans les mauvais quartiers d'Osaka. D'ailleurs, tout ceci lui avait valu le surnom de « Akuma », qui signifie « démon » en japonais. N'ayant pas de nom de famille, il adopta ce nom et le porta avec fierté. Les nombreux crimes et assassinats ayant lieu dans les quartiers mal famés étaient interprétés par la police comme étant l'oeuvre de Ryūku. Ainsi accusé de plusieurs dizaines de délits dont il n'était pas coupable, il était constamment en fuite.

À l'âge de treize ans, déjà perverti par ses mauvaises fréquentations, il avait déjà sombré dans l'alcool. C'est à l'âge de quatorze ans qu'il commença à profiter des jeunes filles qu'il rencontrait. Conscient que celles-ci étaient sensibles à son charme, il n'hésitait pas à passer du temps chez elles, pour se distraire et échapper à la police. Il considérait cette course-poursuite comme un jeu dans lequel toutes les filles étaient des pions. Il se fichait bien des sentiments de ces dernières car elles représentaient seulement pour lui une source de divertissement. Il lui arrivait souvent de passer la nuit dans le lit des jeunes filles qu'il draguait. Et pour être certain qu'elles ne le dénonceraient pas, il usait de son pouvoir d'hypnose. Il employait également ce moyen pour obtenir quelque chose qui lui était refusé, notamment lorsqu'une fille qui lui plaisait refusait de se laisser faire.

Les années passèrent et le jeune homme atteignit ses 17 ans. Un soir, alors qu'il s'amusait avec l'une de ses nombreuses conquêtes, il fut pris d'une crise de folie. Après plusieurs années, elles avaient refait surface. Perdant le contrôle de lui-même, il voulut mordre la jeune fille, qui, effrayée, tenta de se dégager. Mais il la plaqua sur le lit, et la regarda avidement, un large sourire sur les lèvres. Elle avait beau se débattre, il la maintenait fermement. Il se pencha au dessus d'elle et sentit le doux parfum au creux de son cou. C'était si enivrant. Après une grande inspiration, il planta ses dents dans la peau de la jeune fille. Il n'avait pas senti la transformation de ses canines en crochets venimeux.

La demoiselle hurla de douleur, et Ryūku savoura cette souffrance qu'il lui infligeait. Au bout de quelques instants, la fille avait cessé de bouger. C'est au même moment que la crise de folie de Ryūku prit fin. Saisi de panique en voyant le corps inerte de la demoiselle, il s'empressa de lui ordonner de respirer. À son grand soulagement, il découvrit qu'elle n'était pas morte. Il lui demanda d'ouvrir les yeux, et elle s'exécuta. Elle obéissait à chaque ordre que lui lançait Ryūku. Ce dernier prit cela comme un jeu et continua son divertissement avec la jeune fille, croyant qu'elle se soumettait à lui de son plein gré. Mais il s'aperçut vite qu'elle n'avait plus de volonté propre. L'aube se levait déjà, et Ryūku ne savait pas comment rendre à la jeune fille le contrôle de son corps. Même s'il trouvait cela amusant, il savait qu'il aurait de gros ennuis. Il réfléchissait, essayant de trouver la solution.

Cette faculté que lui donnait son pouvoir lui était inconnue jusqu'à la veille, mais il ne connaissait pas ce qui lui permettait d'annuler ce pouvoir. Pendant un moment, il eut peur d'avoir commis quelque chose d'irréparable. Il essaya de lui donner l'ordre d'agir par elle-même, mais rien n'y faisait, cela ne fonctionnait que lorsque sa victime était hypnotisée. Ayant passé en revue toutes les possibilités, il avait la certitude que la solution était quelque chose qui était en sa possession, qui venait de lui, tout comme ce venin, qui s'était propagé dans le système nerveux et sanguin de la fille. Le sang ! Mais bien sûr ! Il devait essayer de lui donner de son sang. Il prit un petit ciseau en argent posé sur le bureau de la jeune demoiselle et s'entailla l'index. Une perle de sang se forma et il alla poser son doigt sur les lèvres de la fille. Il attendit quelques minutes que son sang agisse et s'aperçut avec soulagement que la jeune fille se redressait doucement en le regardant d'un air ahuri. Son sang était donc l'antidote au venin de ses crochets. Après avoir hypnotisé la fille pour qu'elle oublie sa présence, il s'enfuit par la fenêtre. Il retourna dans la cave abandonnée où il avait élu domicile, mais il ne se doutait pas qu'un groupe d'hommes armés l'y attendait. Il fut frappé à la tête puis emmené.

Le lendemain, il se réveilla dans une cellule humide, les mains menottées. Sa tête lui faisait mal, et il ne se rappelait plus de ce qui s'était passé la veille. Il entendit un déclic et un homme habillé de haillons entra. « Suis-moi » dit-il d'une voix rauque.  Ryūku le regarda, essayant de voir son visage dissimulé par la capuche. Il ne se leva pas, défiant l'homme du regard. Celui-ci s'avança et saisit un bras de Ryūku. Il le tira hors de la cellule, le traînant sans ménagements à travers un long couloir sombre. Sa lanterne projetait des ombres inquiétantes sur les murs luisants de salpêtre. Ryūku tentait de se débattre, mais l'homme le tenait si fermement qu'il aurait aussi bien pu s'agir d'une main de fer. Le couloir aboutit sur une porte en bois, qui était entrouverte. Derrière se trouvait un grand hall au plafond haut et voûté. Une lumière couleur de jade éclairait la salle. L'homme  poussa Ryūku, qui essayait de comprendre d'où provenait cette clarté étrange. En observant l'architecture, il comprit qu'il n'était plus dans la ville d'Osaka.

La pièce était ronde, comme sculptée dans la roche, et semblable à une grotte. Cette salle était formée d'un grand plateau dont le sol était orné de gravures runiques, lui-même accessible par quatre petites passerelles enjambant une eau verte mais pourtant limpide, sur laquelle flottait une légère brume. La lumière provenait de cette sorte de canal, comme si l'eau était illuminée. Ryūku regarda avec attention cette substance dont il n'identifiait pas la nature. L'homme en haillons l'emmena au centre de la pièce, et l'attacha à l'unique colonne de marbre qui se dressait vers le plafond. Trois statues, un dragon, un crocodile et un serpent, sculptées dans du marbre noir, semblaient regarder cette colonne. En scrutant les coins de la salle, Ryūku s'aperçut de la présence d'une douzaine de personnes toutes masquées, positionnées à intervalle régulier, sous chaque  arcade sculptée dans la roche. Elles avaient toutes les paumes levées vers le plafond et commençaient à psalmodier en murmurant des paroles étrangères au garçon. Un être difforme à l'extrême maigreur fit irruption et vint se placer face à Ryūku. Il le dévisagea de ses grands yeux noirs, sa peau fine et fripée laissait entrevoir ses veines et ses tendons. Il se retourna vers l'homme en haillons et s'adressa à lui dans un langage que Ryūku ne comprit pas : « Ishr Sâhn Meldr'fur ». Agenouillé à même le sol, l'homme en haillons hocha la tête et ajouta : « Jhi döh kudr Meldr'fur nam szok'h ». L'être hideux reporta son attention sur Ryūku et s'approcha de lui. Il toucha une mèche de ses cheveux et s'attarda sur son pendentif, avant de prononcer une phrase en langage humain :

Hzôgh me dit que tu es le fils du Diable, est-ce vrai ?

Ryūku ne put s'empêcher de laisser échapper un petit ricanement.

Certains me prennent pour un démon, d'autres pour le rejeton du Diable. Ils croient tous que je ne suis pas humain... répondit-il.

Et ils ont raison, en un sens. poursuivit l'être à la peau fripée sans laisser le temps à Ryūku de terminer sa phrase. Tu m'intéresses. Ou plutôt devrais-je dire, ton âme m'intéresse.

Ryūku fixait la créature dans les yeux, pour tenter de l'hypnotiser pour qu'elle le laisse s'en aller.

Ton pouvoir d'hypnose ne fonctionnera pas sur moi, car je possède les mêmes facultés que toi : je porte moi aussi la malédiction reptilienne. Comme tu le sais, aucun être n'est immortel en ce monde. Même si je suis l'un des derniers membres d'un clan très ancien et que je suis parvenu à survivre pendant plusieurs décennies, je finirais un jour par mourir. Sauf si tu me donnes ton âme. Pour que je puisse continuer à vivre, je dois absorber l'âme d'un porteur de la même malédiction que moi. Et sais-tu pourquoi ? Parce que j'en suis en quelque sorte le fondateur.

La créature semblait malade, bien qu'elle tenait encore debout. Elle respirait avec difficulté.

J'envoie régulièrement de mes hommes pour tuer les quelques prêtres qui montrent encore une opposition aux trois puissants dieux que nous vénérons ; Val'dhor, le Dragon Noir, Dashûr, le Crocodile et Naphidis, le Serpent. Et en temps normal, je choisis moi-même ceux qui auront le privilège de disposer de mon pouvoir. Or, toi, tu as été choisi par l'un de mes serpents, ta destinée doit être de me servir.

Jamais ! » cria Ryūku en crachant aux pieds de la créature, pour lui montrer son mépris.

Dans sa tête, il revit la scène de l'homme manchot, qu'il avait tué dans le temple alors qu'il était encore enfant, et le serpent, un cobra royal, qui l'avait mordu. Tout lui semblait plus clair, maintenant.

Tu vois cette rivière couleur de jade ? Ce sont les âmes que j'ai collectées, et qui me permettent de vivre. susurra la créature hideuse.

Les incantations des personnes masquées résonnaient sous les hautes voûtes du plafond, comme des chants grégoriens ancestraux. Le rythme s'était accéléré et les paroles incompréhensibles ressemblaient à présent à un sifflement sinistre. L'homme à la laideur sans précédent sortit un petit poignard en argent de sa manche, et s'entailla la paume de la main. Un filet de sang coula le long de son bras, jusqu'au sol. Il fit un pas vers Ryūku et tendit sa main ensanglantée dans sa direction. Il la posa sur le torse du jeune homme, traçant un signe dont le garçon ignorait la signification. Les yeux de la créature s'étaient mis à saigner, et ses pupilles s'étaient transformées en deux fentes noires. Ryūku sentit sa peau le brûler à l'endroit où la marque se trouvait. Le tatouage de dragon, dans son dos,  semblait s'animer. Il aurait voulu se plonger dans de l'eau froide pour ne plus sentir cette brûlure dont l'origine était inconnue. Sa vision se troublait, sa tête lui faisait mal. Il se pencha en avant, toussant, comme si quelque chose lui bloquait la respiration. Il sentait ses canines, qui avaient pris la forme de deux crochets venimeux. Sa force le quittait peu à peu.

Pourtant, il essayait de garder les yeux ouverts. La créature s'effondra soudain devant lui, et il sentit comme une force inconnue passer à travers son corps. L'homme en haillons vint le détacher de la colonne, et Ryūku regarda la marque qu'il avait sur le torse, puis ses mains. Ces dernières avaient maintenant des griffes, semblables à celles que la statue du dieu dragon possédait. Il tituba et tomba sur les genoux. Contre son gré, il leva un bras vers l'homme habillé de loques qui lui tendit le poignard en argent. Ryūku luttait contre ce qui voulait prendre le contrôle de son corps et de son esprit. Une voix caverneuse sortit alors de sa bouche :

Je finirais par me nourrir de ton âme, l'absorber lentement pendant que tu te vides de tes forces. Lorsque ce sera bon, je te tuerais puis je retrouverais mon corps, et ton âme sera mienne.

Ryūku cracha du sang. Avec un grand effort, il parvint à chasser momentanément la créature qui s'emparait de lui.

Non, je ne céderais pas ! C'est moi qui vous tuerais !

Le bras de Ryūku qui tenait le poignard tentait de donner le coup fatal tandis que l'autre bras l'en empêchait. La lutte était serrée, et le jeune homme sentait ses forces l'abandonner. Il donna un coup de poing dans le bras qui tenait l'arme,  et celle-ci glissa un peu plus loin, dans un bruit métallique. La marque sur son torse le faisait souffrir de plus en plus, et Ryūku se tordit de douleur au sol. Il avait fermé les yeux, comme si cela pouvait l'apaiser. Il essayait de respirer, mais son souffle était saccadé. Dans un spasme de douleur, il tomba du plateau, dans le canal à l'eau lumineuse. La substance ressemblait à l'eau, mais l'odeur qu'elle dégageait était enivrante. Le contact du liquide limpide avec la peau du jeune homme eut pour effet de calmer la brûlure. N'ayant presque plus de force, Ryūku se laissa sombrer. Il pouvait entendre toutes les plaintes des âmes volées, tous ces tourments, qui formaient une mélodie funèbre.

Tandis que la marque sur ton torse commençait à s'effacer au contact de l'eau, sa force lui revenait. Il se hissa hors du canal, et remonta sur le plateau. Il se saisit du poignard d'argent et alla vers la créature toujours évanouie au sol. Il avait retrouvé le plein contrôle de ses mouvements, maintenant que la marque était partie. La créature ouvrit les yeux, et avant qu'elle n'ait eu le temps d'agir, Ryūku lui planta le poignard en plein cœur, avec un sourire victorieux sur les lèvres. Il retira la lame pleine de sang et se retourna vers l'homme à l'habit haillonneux. Ce dernier chargea Ryūku en poussant un cri vengeur. Mais le jeune homme lança le poignard avec une vitesse et une précision telles que la lame vint se loger dans sa poitrine, sans que l'homme mystérieux ait pu voir l'attaque. Il tomba au sol avec fracas et une épaisse fumée noire s'éleva au dessus de son corps. Ses haillons s'envolèrent, et il ne resta plus que des os. Satisfait, Ryūku regagna la sortie par l'une des passerelles, empruntant de longs couloirs sombres et humides, jusqu'à atteindre la lumière du soleil. Il lui semblait qu'il ne l'avait pas vue depuis plusieurs jours. Ce qu'il remarqua plusieurs jours plus tard, c'est qu'en tuant le "créateur" de sa malédiction, il avait lui même scellé une partie de ses pouvoirs. Il ne pouvait désormais que communiquer avec les reptiles. N'ayant aucun endroit où se réfugier, le jeune homme erra durant plusieurs jours le long de la côte sur laquelle le tunnel avait débouché. Il arriva à un port, où il reprit des forces.  Il se contentait de la nourriture qu'il pouvait voler aux commerçants, puisqu'il ne pouvait plus les hypnotiser afin d'obtenir des plats imposants. La vie était tellement plus dure depuis qu'il ne pouvait plus avoir ce qu'il voulait quand il voulait. Heureusement, son physique plaisait toujours beaucoup aux jeunes filles, qui ne lui demandaient jamais rien en retour. Il passa ainsi près d'un mois, s'habituant peu à peu à une vie moins « facile ». Il aimait toujours autant les jeux de hasard, et la chance semblait être encore de son côté. Il amassa rapidement une petite somme qui lui permit de fréquenter la bourgeoisie de la ville portuaire dans laquelle il se trouvait.

Un soir, le jeune homme se rendit à un bal organisé par l'un des riches marchands du port. De très nombreuses filles avaient espéré le revoir là-bas, et alors que la soirée commençait à peine, Ryūku avait déjà deux demoiselles accrochées à lui. Il ne resta pas seul un seul instant, même lorsque les invités commencèrent à partir. Il avait déjà bu plusieurs verres d'alcool, et même s'il était encore conscient de ce qu'il faisait, son esprit était quelque peu embrumé. Il s'excusa auprès des deux jeunes dames qui l'accompagnaient, puis sortit du grand hall pour se retrouver un instant au calme.

Ryū ? demanda une voix féminine.

Qui pouvait bien l'avoir suivi jusque là ? Il reconnaissait vaguement la voix mais il ne parvenait pas à mettre un visage dessus. Il sortit de l'ombre de la grande colonne derrière laquelle il se trouvait. Une jeune femme, très belle, avec laquelle il avait déjà eu une aventure il y avait de cela une quinzaine de jours. La fille d'un commerçant, mais il ne se souvenait plus de son nom. Elle s'approcha de lui.

Je ne pensais pas te retrouver ici.. Et quand j'ai vu que tu te débarrassais de ces deux... filles, j'ai saisi l'occasion pour venir te voir.

A entendre son ton, il devina tout de suite qu'elle n'était pas sobre.

Manquerais-tu de bonne compagnie ? répliqua-t-il avec un sourire charmeur.
Il se pourrait bien que ce soit le cas. Accepterais-tu de te joindre à moi ? dit-elle en montrant la porte de sortie.

Ryūku acquiesça et la suivit à l'extérieur. Elle était déjà bourrée, il le savait, mais ça serait tout de même amusant. Il savait où elle habitait pour y avoir déjà été. Comme elle titubait, il la guida jusque chez elle et l'emmena dans sa chambre. Il l'assit sur le lit puis se retourna pour fermer la porte. Lorsqu'il reporta son regard sur elle, la jeune femme s'était déjà écroulée et dormait d'un sommeil profond. Une enveloppe dont le cachet était brisé était posée à côté de son oreiller. Il se pencha pour la saisir et voir ce qu'elle contenait. Il s'agissait d'un billet, accompagné d'un formulaire d'inscription à une université, à priori rien de bien important. Pourtant, il était inscrit que ce petit bout de papier permettait de rejoindre une île dont il n'avait jamais entendu parler. Le départ aurait lieu quelques jours plus tard, à la tombée de la nuit. D'un rapide coup d’œil, il s'assura que la jeune femme dormait toujours et glissa l'enveloppe sous sa veste puis sortit par la fenêtre.

Ryūku se trouvait sur le port, regardant le soleil se coucher à l'horizon. Soudain, les cornes de brume retentirent si fort qu'il sursauta. Un étrange navire venait d'entrer dans le port. Le jeune homme n'avait jamais rien vu de tel. Ce bateau semblait sorti des films de science-fiction, pourtant il était bien réel. Une foule de gens se pressa sur le quai, malgré l'heure tardive. Le pont du  navire s'abaissa, laissant sortir les passagers. Tous arboraient une expression mystérieuse, et ne répondaient que vaguement aux questions des habitants de la ville. Un homme habillé de blanc fit reculer la foule, une fois tous les passagers descendus.

Les personnes détenant un billet sont priées d'embarquer.

Ryūku se fraya un chemin jusqu'au pont et montra son billet à l'homme en blanc. Celui-ci lui fit un signe de la tête. Le jeune homme alla s'installer dans un siège, en attendant que tout le monde ait pris place et que le navire reparte. L'étrange bateau reprit la mer peu de temps après, et mit le cap sur une île inconnue de tous. Peu importe ce qu'il y trouverait, Ryūku savait qu'il saurait tirer le meilleur de cette aventure.
   



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Ryūku Akuma

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Re: Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

Message par Akane Kurotsuki le Dim 6 Déc - 1:46

Bienvenue ~ :3
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Akane Kurotsuki

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Re: Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

Message par Tessa Arbadiel le Dim 6 Déc - 19:39

welcome
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Tessa Arbadiel

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Re: Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

Message par Ryūku Akuma le Mer 9 Déc - 3:04

Merci pour votre bienvenue :3
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Ryūku Akuma

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Re: Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

Message par Access le Sam 12 Déc - 20:13

Tout a été vu directement en discussions cb, il ne reste plus que les derniers éléments de validation :

- Décrire ton logement à cet endroit après avoir lu les indications ici.
- Référencer ton avatar sur cette page
- Créer ton carnet de vie ici,
- Le premier RP est à faire dans cette section.

Tu pourras ensuite te rendre dans cette section pour la recherche de RPs, en commençant par regarder les demandes en cours.
Et bien sûr, il est aimable de voter sur les top sites régulièrement pour faire venir du monde.
@ toi d'jouer
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Re: Ryūku Akuma ~ [TERMINEE]

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